vendredi 24 mars 2017

ANNE LETORE - L'âne qui butine - part 1.

Anne Letoré

Née le 26 juin 1959 à Amiens (Picardie - F).

Pour l'écriture : sa voix sourde et grave offre l'intimité du texte, lance les mots de l'auteure à vous, rien qu'à vous. Et pour finir, elle aime la rencontre et le dialogue de l' "après lecture", un moment privilégié où les mots échangés se fondent au plaisir de la découverte de l'autre. Depuis 1980, publications d'abord en poésie, puis essentiellement en nouvelles (revues, éditions, collectifs).

Pour la passion : en 1999, elle crée une maison d'édition tournée essentiellement vers le livre d'artiste, le livre-objet et la reliure de création : L' âne qui butine.


Editions (hors collectifs)

1996        Cartes postales verso (Sénégal, Thaïlande, Venezuela) aux Ed. Encres vives, 
                collection Lieu - poésie.
1998        Le chaos érotique - aux Ed. Du Rewidiage - poésie.
1999        Miroir métallique, illustrations Jacques Abeilles 
                - L'âne qui  butine - poésie. 
2000     Au bord du fleuve, écrit avec Jacques Abeilles 
                - l'âne qui butine - nouvelle. 
2000     Cartes postale vers II (Norvège, Turquie, Chine)
                aux Ed. Encres vives, collection Lieu - poésie.
2001      13 nouvelles noires - sur le site Internet Idlivre.com et sur papiers.   
2001      Nuit volée - aux Ed. Pour un ciel désert (Rafaël de Surtis).
2010      Danse la rue - projet La pluie d'oiseaux et les centres sociaux Le Pile 
                et les 3 Ponts, Roubaix.  
2010      Du riquiqui dans les mictions - roman écrit à 4 auteurs 
                sous le pseudonyme Bohumil Kapsa, nègre des ses traducteurs : 
                Dominique Antin, Christoph Bruneel, Jacky Legge, Anne Letoré  
                - Ed. L’Âne qui butine. 
2014      Surtout, ne suivez pas le guide ! - collages Christoph Bruneel 
                - Ed. L’Âne qui butine. 
2014       Tabliers & maillots de bain – co-écrit avFrançoise Lison-Leroy 
                -  Ed. Les déjeuners sur l’herbe.


TABLlERS ET MAILLOTS DE BAIN
Poésie : Françoise Lison-Leroy, prose : Anne Letoré
éd. Les déjeuners sur l’herbe

Le large couloir sentait l’eau de vaisselle et la pierre
rance. Il menait à une enclave rocheuse grossièrement travaillée,
surnommée grotte, dans laquelle reposait un Jésus
bienveillant à notre égard, jeunes filles confites dans une
foi imposée. J’étais de ces filles engluées en file indienne
ou en arc de chorale pubère ânonnant des prières que nous
aurions préférées sautillantes et colorées. Au contraire, les
phrases ternes, les notes grises battaient une mesure ralentie
par des anges endormis, tête courbée, regard rivé au
carrelage poli de nos pas traînants.  
Pour rejoindre certaines salles de classe, nous passions
près de la grotte, toute à la fois fascinante et exaspérante.
En aurais-je gardé ce goût de l’inattendu et des décors incongrus
? Nous traversions une immense salle où agonisait
un piano. Drap noir sur pilotis, aucune ombre dessous. Je
m’y suis essayée quelquefois, les doigts timides sur les
touches blanches, plus circonspects sur les touches noires…
alors, mes oreilles se refermaient d’elles-mêmes tellement
l’air était scabreux… N’entendant plus rien, j’abandonnais.
Même encore aujourd’hui je suis infichue de reconnaître un
violon d’une harpe.

******
B O N U S

jeudi 23 mars 2017

PATRICE BLANC

















Patrice Blanc est né le 25 mai 1956 à Montreuil.
Sa vie professionnelle débute dans un comptoir de métaux précieux ; puis, il suit les cours de Lettres Classiques à l'Université Paris VIII...
Il participera à partir de 1979 à plus de 50 revues littéraires et poétiques, aussi bien en France qu'en Belgique [Migraphonies, Phréatiques, Les Cahiers de L'Archipel, Jointures, L'arbre à paroles, Aube magazine, Diérèse, Concerto pour marées et silence, Le Journal des Poètes, Mange monde... ]
Il a publié : La nuit du matin [Ed. On@Faim], Images de la nuit, La vie inverse, Signes possibles d'un trahison, avec Jacques Coly (peintures) [Ed. des Deux Siciles], À l'heure de nos lunes [Ed. Solicendristes], Du blanc dans le noir [Ed. Enitram Tréab], Le sang du jour, Articulations, Fission de la rose, Fleurs d'âges [Ed. du Gril] et Dans les draps des morts, Dans nos extrêmes, Dans la robe des nuits [Ed. Encres Vives].

A B S E N C E S

La rue se penche. La rue se dresse. L'homme est curieux dans la maison. Personne n'entre. Personne ne sort. Les abeilles rêvent à d'autres abeilles. J'ai le coeur en force. Rien ne manque. Tout subsiste...
Résister aux larmes de la voix. Ne regretter que le chant. Toujours assis dans la cervelles. Morceau de terre qui corrige. Je vis. Homme triste qui se ronge.
Toujours une source s'amorce. Il me faut maison et tricot. Les yeux ouverts dans le train. 
À certain âge vase brisé. De folles choses me charment. C'est l'aventure...
La fenêtre reste fixe inchangée. Une femme, cette fois imbibe ma moitié. j'accours. Naturel et moqueur. Sans crainte. Nul ordinaire. Tant que tes yeux pourront descendre plongeant sans rire du réverbère. Je suis au plaisir pur. Idiot à moitié qui se gratte. je t'obtiens par sagesse. Je t'obtiens toute entière. La chatte ne pense pas à l'erreur. Je ne suis maître que des pierres. Je me sens homme au flou destin. La chatte m'a claqué la porte au nez. J'ouvre les fenêtres. Je reviendrai... 
Le 29 janvier 2003. Paris.
Patrice Blanc, de Taverny.

*****
BONUS 
pour Patrice Blanc...
...et quelques Autres.

dimanche 19 mars 2017

CAROLE DARRICARRÈRE



Née à Abijan en 1959, "avec des valises à la main" DIT QU'elle ne se considérera totalement née qu'au terme de l'accomplissement de son oeuvre.


Elle a grandi à l’étranger, en Afrique, dans les îles, « beyond south » dit-elle, partagée entre l’amour de la nature, un goût précoce pour la littérature et le dur désir de comprendre : tout ! Elle se partage aujourd’hui entre la campagne parisienne l’été et l’Asie du sud-est l’hiver. De nature taiseuse (elle dit d’elle qu’elle aurait pu virer autiste), elle s’empare de l’écriture comme d’un outil d’analyse et de la poésie comme d’un fil conducteur pour explorer toutes les facettes de la réalité.
Artiste résolument visuelle (au sens deleuzien qui avance qu’un artiste est quelqu’un qui a rencontré quelque chose de trop fort pour lui) et poète en toute chose,  elle oscille entre l’écriture poétique et l’écriture photographique et transfère son hypersensibilité sur la peau du texte pour la canaliser et la mettre à distance.
Elle insiste sur le fait que ses livres ne sont jamais des recueils de poèmes mais un poème ininterrompu, une respiration, un souffle vital dont le accélérations et les apnées participent toutes d’une même sagesse :  oh toi étranger en ce monde  « Connais-toi toi-même » !
Les thèmes fondateurs de son travail sont : la réalité et le réel, l’apparition et la disparition, la mémoire et l’effacement, le Poème.
Rétrospectivement, elle distingue trois grandes périodes dans son travail, « la période bleue » (de « La tentation du bleu » à « Le sermon sous la langue »), « la période fuchsia » (« LVE » et « Le (je) de Léna ») et « la période chair » (« Chair de l’effacement »).



Deux citations qui l’accompagnent partout où elle  va…

« Nous savons qu’il existe un espace de liberté entre la chair et l’os. »
Michel Houellebecq

« Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous. » 
Franz Kafka

 Feuille volante inédite extraite d’un manuscrit au port chez un éditeur depuis un an en attendant de… prendre la mer !  La fin de l’écriture (Aussitôt rien) … est une rêverie réflexive qu’une figure sous cache appose sur le monde à la façon d’une grille de lecture, d’un filtre ou d’un masque, sous-tendue par une réflexion sur l’écriture, projet central du livre.

d’un côté les jardins du souvenir    les saisons et les peintres

les anneaux amants des nids dans les arbres et des vers dans les fruits

les vaches dans la confiture les œufs dans le germoir et l’enchanteur dans le potager


De l’autre le chevalet de la réalité, l’invention du progrès, la compression de l’espace, la course du temps.

La mondialisation, le rendement, la morne actualité du sifflet concentrationnaire, des bouchons à la chaîne dans le ciel de traîne des générations no future no sky.

Sur des écrans tactiles mille laitières matriculées hors champs par un triangle têtu de barons zélés, ingénieurs des travaux publics et forçats du bâtiment, ministres et députés, et de puissants lobbies ruminent ensemble quotas, normes et décrets.

Ces nouveaux rédempteurs convertissent le réel en principe sonnant.

Le clonage est le sablier de la licorne, le concept la muse vénale de la pluralité culturelle,
le progrès la bête noire de l’antique pondération de l’équilibre sur la voie de l’harmonie.


extension du domaine de la poésie à la lutte des classes

aussitôt la main gauche caresse l’idée de réécrire ce que la main droite commet


Bibliographie disponible sur Wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Carole_Darricarrère 
Livre d’artiste numérique visible sur :
Poème radiophonique en écoute ici :
https://www.franceculture.fr › Émissions › L'Atelier de la création | 14-15
À venir : Moi peau dans le prochain numéro de la revue Zone Sensible  (printemps 2017)

samedi 18 mars 2017

Christian-Edziré DEQUESNES


La Frontière recule sans cesse avec l’Horizon en bandoulière. LÀ, NOUS aimerions écrire CELA mais tout comme le silence ce n’est pas possible avec nos mots. NOUS n’entendons plus nos ombres qui sont devenues les pliures de nos sentiments essoufflés. Nos âmes se creusent de par les soleils de nos esprits qui replient leurs paupières sur la frange d’une dernière page que l’on se persuade d’avoir rédigée pour dire du TERRITOIRE. 


NOUS sommes juste LÀ puis ailleurs. NOUS NOUS déplaçons d’un être à un autre mais La Frontière recule sans cesse avec à son bras l’Horizon qui lui ne reviens jamais en arrière.

NOUS pourrions écrire CELA mais NOUS avons toujours finalement trop aimé que l’on pense pour NOUS jusqu’à même ces formes d’indépendances des peuples qui ne sont que des formes de mensonges comme ces frontières étatiques, administratives et géopolitiques qui sont bien moins que des leurres.

NOUS, LÀ, aurions pu être CELA, un lieu, au labeur du violon à suer et à vivre juste comme ça dans des samedis-dimanches à la caresse du crétin dans la douceur de la reine-miel de par sa verge semeuse… Nous avons bien dû habiter un pays mais désormais nous sommes de l’espace du fil à retordre avec tout ce plomb dans l’aile. NOUS aurions aimé être, LÀ, NOUS fanfares giclées en printemps sur les souliers cirés au sourire capitaliste de la mâchoire-tenaille qui sévit en NOUS où l’aube, le crépuscule et l’éternité sont le pain, le miel et l’eau. La Frontière blanche offre à la nuit de n’être jamais complètement noire et ce qui aurait dut NOUS permettre de reprendre nos billes avant que la directrice aux stylos rouges de l’abattoir aux moutons ne barbouille vos pages de corrections alors que NOUS le savons bien, CELA n’empêchera pas l’Arabe et le Juif de finir aux mêmes ritournelles massacrantes.

Christian-Edziré Déquesnes est le moulageur du Moulin des Loups de par Le chemin d'Arthur et il anime ainsi la "pauvre" revue Ffwl Lleuw et les blogs : http:lechemindarthur.blogspot.com , http://orchestrophone.blogspot.com , http://surromantismebleuNUIT.blogspot.com et enfin http:4nouvellesbranchesdumabinogi.blogspot.com . Il est aussi Icelui de Carole Icelle Carcillo.VOUS vous pouvez le joindre pour toutes demandes de renseignements via ===> christian.dequesnes@sfr.fr

vendredi 17 mars 2017

GILLES LAFFAY

















Au risque d'en surprendre vraiment certaines et certains, Gilles Laffay existe bel et bien. Il vit à Montreuil, au nord-est de Paris. Il écrit, il peint aussi et il a fait de la Musique, il a notamment repris d'une manière tout à fait tranquille le célèbre No Fun de The Stooges. 



Sa dernière oeuvre picturale se nomme... 
...Hot cosmonote énurétique en apesanteur.


 Caius Julien Caesar Augustus Germanicus
Tu as été
Dans le mosole de auguste
Pour  que il te protège
Empereur troisième du nom
Julius - Claudius
Tu n as rien fait
Faible abominable et beau
A l envers de ce que dit Suetone
Oui tu as fait tuer
Avec
Et les pretorieux furieux t ont glaives plein de givre habillés de gloire et de pourpre
Puants un sang sanglant innocent  glacé pour ces glaces à la neige et aux groseilles
Qu ils désiraient tant
Sous leur manteau
Imperator venu de Germanicus
Oui tu as élevé des soldats
Gilles Laffay
******
BONUS
for Gilles Laffay

jeudi 16 mars 2017

ANNE PAULET


   Dans le Ffwl Lleuw n°8, NOUS accueillons pour la première fois Anne Paulet avec un texte : Le Flirt des quatre f.

  D’origine sarde (Barbagia) par sa mère et cévenole par son père, Anne Paulet est née à Alès-en-Cévennes en 1971.
Elle s’intéresse très tôt à la littérature et aux arts. Elle part vivre à Rome à l’âge de 20 ans.

De retour en France, elle exerce métiers : la négoce des épices, l'édition, les domaines du livre, de la lecture publique et du spectacle vivant.

Prolifique en échanges et rencontres, ne se réclamant d’aucune école, elle se consacre à présent à l’écriture.
Livre
"L'Art et la matière" avec Jean Romain Lagarde, éditions L'An demain, 2015
Articles
"Nous avions énoncé des principes sentencieux d’égalité mensongère", Revue des Ressources, 2015
"Il y a dans notre société", site Le chemin d'Athur [à la page du 17 novembre 2010 ===> via : http://lemoulindesloups.blogspot.com] en parallèle de la revue 'Le Moulin des Loups' aujourd'hui "Ffwl Lleuw".

La société de brique 
(extrait)

« Hé bien en fait, il en fut nombre élevé de ceux là qui ne pouvaient supporter un tel détachement et qui pensaient qu'une telle attitude entraînait à la pire des fainéantises ne voulant point connaître une autre activité qui leur aurait donné du plaisir et qu'il faut bien le préciser, n'est pas des plus aisée à pratiquer, si l'on s'éloigne de l'action. Mais tout ceci a été mainte fois traité avec bien trop de mots et de verbes lorsqu'un simple proverbe aurait suffi : à quoi bon vous parer de toutes ces vertus lorsqu'il ne s'agit là que de vertiges ! Il y avait à cette époque, un engouement, une quête qui répondait à une recherche collective de liens, d'un sens et d'exercice. Voici bien là le paradoxe du citoyen qui pour connaître l'âge d'un arbre le découpe en mille rondelles... Pour se rendre compte que d'arbre il n'y en a plus. L'âge s'était arrêté là.

- Les erreurs que tu dénonces pour moi il n'y en a pas car de vérité il n'y en a pas. Qui donc es-tu pour en juger sinon à réfuter une croyance pour en installer une autre en forme de ronds de jambes sous forme de recherche qui continue à juger sans se demander si la synthèse intuitive parfois n'est pas aussi bonne qu'une analyse très poussée sans autre réponse qu'une reformulation de la première. À quoi bon toutes tes analyses si c'est la synthèse qui fait foi ?

- Et mais Galilée alors ?

- Pour moi la carte de crédit est plate jusqu'à preuve du contraire.

- ...

- Tu veux que je te dise ? Il n'y a que l'humain pour désespérer et c'est aussi ce qui fait son miraculeux blasphème à cette condition qui le mine et le mène vers la plus grande des piperies enfin dévoilée lorsqu'il comprend à quel point et en quels points il peut rehausser la faiblesse de son hypocondre et de son opaque dilemme. Il n'est qu'une suite de logiques à priori antagonistes qui s'incorporent et se diluent par un belliqueux mutisme mais forment au point culminant de sa viatique, un même mouvement. Cette occasion est rare mais certaine. Il n'est qu'à se rappeler la jonction des deux conditions dont je t'ai déjà parlées. Rien ne peut s'opposer à cet engagement libre qu'il soit ou non préempté. C'est une adeptie effroyable que d'entreprendre son foudroiement. La liberté s'exprime aussi par mille et un revirements comme des couches neuronales en voyage de noces...

- Tu es bien plus bête que le sage qui ignore sa folie.
Anne Paulet

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B.O.N.U.S
por Scripta21
 

mercredi 15 mars 2017

CARL SONNENFELD


Poète, né en octobre 1972 à Béthune dans le Pas-de-Calais. Ecrit depuis l'âge de 17 ans. À  croisé Sylvain Jazdzewski, Christian-Edziré Déquesnes ou Lucien Suel.
A composé un recueil de poèmes intitulé la Transversale Cosmique, paru en 2016 chez Edilivre, où il raconte sa migration du Nord vers le Sud.
Vit désormais à Nice, où il passe ses temps libres à photographier la Rivieria

Tout ici 
se liquéfie
et se dilue,
en aquarelles et lavis.
Les gouttes de pluie
clapotent sur les tuiles 
et les huiles.
L’asphalte des routes
est un lac
d’encre.
Le rouge des briques
s’estompe.
Les silhouettes,
aux parapluies panoramiques
se gomment.
Se sont des danseuses.
Elles glissent,
gracieuses,
comme
des fleurs d’automne.


*****


     Waiting for the sun… 29 minutes et des poussières qui m’ont 
/ redonné l’envie de
poursuivre la route… Un album des Doors redécouvert comme un trésor enfoui. La
pochette de l’album mange l’écran plasma de l’ordinateur. Un crépuscule 
/ majestueux
enveloppe quatre silhouettes. L’été indien s’éternise en Californie. Le rêve se 
/ consume
comme un buvard jusqu’aux confins mauves  du jour. Une rose pourpre acide se
dessine sur l’horizon barré. Le sang rubis coule goutte à goutte. L’océan Pacifique
rougit. Les freaks squattent Venice Beach. On fume, on gobe, on sniffe, on se
 / pique.
La pulsation légendaire opiacée du tambour rythme le battement du Cœur. L’univers
L'univers ressemble à un lotus aux pétales translucides. Je lis 1968, les quatre chiffres se détachent dans l’azur et s’enchaînent. Ils reviennent à intervalle régulier. 

C’est un leitmotiv psychédélique aux couleurs vives qui orne la tenture vespérale 
/ bleu sombre
de la grande table ronde. Ils se déforment, s’entremêlent comme des cheveux en
 tresses arc en ciel.1968 A.D.N, c’est un slogan. 4 balafres vermillon 
/ qui zèbrent la peau cuivrée des surfeurs. 

1968 comme une punition. Jim Morrison ressemble à Alexandre le Grand. 

Un pote me disait entre 2 bières, qu’il ressemblait plutôt à une endive molle
 cuite et qu’il avait piqué la garde-robe et la copine d’Arthur Lee des Loves.
JALOUX ! Waiting for the sun… en attendant le soleil, tu te postes à la lisière 
/ de la forêt. 
Les perles rares dévalent la pente en spirale de l’escalier de service. Les perles rares
 s’éclipsent quand s’étale  au grand jour  tout  l’or brillant du Yukon. 

La lumière dorée s’entrelace à l’ombre et redéfinit le contour des souvenirs. 

Les rayons rasants de l’astre se réfléchissent sur la pupille dilatée des dealers. 

Et la voix grave de Jim chuchote Love Street…

La porte mythique des temps héroïques est ouverte.
Je vous invite à entrer.


*****
BONUS
for Carl Sonnenfeld